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L'Economiste de passage

Le maire de Lunel a demandé une expertise à un 'économiste reconnu', un certain Nicolas Bouzou, pour explorer les pistes de l'avenir. Dans ce rapport, dont le bulletin municipal N°21, donne les grandes lignes, il est notamment préconisé d'arrêter de construire du social, car cela "peut faire monter le taux de chômage". Et de classer derechef les logements insalubres du vieux centre dans le logement social.
Mais l'économiste de passage n'a visiblement pas pris la peine de lire toutes les statistiques sur les nouveaux venus à Lunel...
 
D'après l'INSEE, en effet,  le profil le plus courant des migrants des autres régions de France métropolitaine au cours des 5 dernières années est composé d'hommes actifs occupés ayant un niveau de diplôme égal ou supérieur à Bac +2.  30% sont des cadres (ce groupe représente 27 % des arrivants), le deuxième profil le plus fréquent est composé de femmes actives, membres de couples avec enfant présentes sur le marché du travail (17 %).
Source :Des enjeux différents selon les profils des arrivants en Languedoc Roussillon B Canonero JC Gidrol INSEE, L Deranger C Colin Conseil Régional P Crosnier Direccte.
 
Freiner les migrations, c'est donc clairement se tirer une balle dans le pied.
 
La vraie question est qu'il existe une concurrence entre les villes pour attirer les populations les plus formées et les plus consommatrices de biens et de services. Ces populations consomment, payent des taxes et des impôts et par conséquent contribuent fortement à la richesse et au bien-être de l'ensemble de la population.(les cadres ont des dépenses en produits supérieures de 84 % à la moyenne nationale)
Source : Fiche thématique biens et services pour la personne INSEE.
 
Citons  L'attractivité résidentielle des agglomérations françaises, enjeux mesure et facteurs explicatifs - H Alexandre, F Cusin, C Juillard de l'Université Paris Dauphine :
"Le volet résidentiel de l’attractivité est devenu au moins aussi déterminant que son volet économique. (...), nombre de villes attractives ne font pas partie des villes les plus dynamiques sur le plan de l’économie «productive». La propension des habitants (nouveaux et anciens) à s’ancrer dans un territoire urbain dépend de la qualité de vie et de l’offre de services dont ils disposent, mais également de leur degré d’identification à ce territoire."
 
Parmi les facteurs d'attractivité résidentielle une municipalité peut jouer, par exemple, sur
 "le rayonnement politique de la ville, la qualité des espaces publics, les projets urbains structurants, la notoriété des projets urbains, les espaces verts, réduction des nuisances environnementales, capacité à être emblématique des villes durables, offre d'équipement et de services aux personnes..."
 
Devant le tollé suscité par ce rapport, le maire s'est rapidement désolidarisé des recommandations qu'il contient....


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